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Une voix, un bandonéon, un violon, un piano, une contrebasse — un voyage à travers une musique née du voyage.
Il y a dans le tango une géographie particulière : celle d’un monde qui n’existe nulle part vraiment, et partout à la fois. Buenos Aires, Paris, les ports, les nuits, les mots qu’on ne dit pas. C’est dans cet espace-là que le Sofía Levín Group a choisi de vivre.
Autour de Sofía Levín, voix profonde et lumineuse, évoluant entre l’Argentine et la France, présente sur les scènes du Sunside, de France Musique et des deux rives de l’Atlantique — se sont réunis quatre musiciens aux histoires singulières : Philippe Zygel au piano, Lisandro Bazzana au bandonéon, Cécile Mons au violon, Joshua Desserre à la contrebasse. Cinq parcours différents, une seule langue commune.
Le programme prend sa source dans l’œuvre de Piazzolla — Adiós Nonino, Oblivion, Balada para un loco — aux poèmes de Borges mis en musique, aux chansons d’Eladia Blázquez, jusqu’aux compositions originales, en espagnol, français et italien. Une traversée inoubliable des pièces les plus marquantes du tango jazz et une fenêtre grande ouverte sur le présent vibrant du tango.
Une voix, un piano, et tout un univers porteño qui traverse l’Atlantique.
Née à Buenos Aires, formée entre le Conservatoire National de la capitale et les scènes françaises, Sofía Levín a fait du tango canción son territoire intime. Sa voix — profonde et lumineuse à la fois — porte une attention rare à la poésie du texte : chez elle, chaque mot compte, chaque silence aussi. Une intensité qui ne fait jamais de bruit, mais qu’on ne peut pas manquer.
À ses côtés, la pianiste Eugenia Guzmán, originaire de Mar del Plata, arrive avec sa propre histoire : tombée amoureuse du tango en s’installant à Buenos Aires, elle a reconnu dans la voix de Sofía quelque chose d’essentiel. De cette intuition est né un duo, et de ce duo, un programme.
Ensemble, elles traversent le répertoire du tango chanté dans toute sa richesse : des grandes ballades de Piazzolla et Ferrer (Balada para un loco, Oblivion, Balada para mi muerte), des classiques du tango-poésie (Nieblas del Riachuelo, Chiquilín de Bachín, Jacinto Chiclana), et une création originale — Sueño del repartidor — qui ancre ce voyage dans le présent.
Il y a dans le tango quelque chose de parisien, et dans Paris quelque chose de porteño. Montmartre le sait mieux que quiconque. C’est ici, dans ce quartier qui a accueilli le tango avant même que Buenos Aires ne l’accepte vraiment, que Sofía et Eugenia ont choisi de se retrouver — au Studio de l’Accord Parfait, pour une soirée suspendue entre deux rives.
